mardi 15 mai 2012

Appel de textes: Enjeux et pratiques éthiques entourant le IVe Pouvoir

Numéro sous la responsabilité de Pierre BERNIER, professeur associé à l’ENAP et chercheur à l’Observatoire de l’administration publique et en collaboration avec un groupe d’experts
provenant d’horizons divers*.

Date limite de proposition d’article : 15 juin 2012 (250-300 mots)

Argumentaire

Ce numéro de la revue Éthique publique a pour objectif d’offrir une lecture actualisée de
l’état des lieux quant à l’éthique appliquée par les entités se réclamant des attributions du
IVe Pouvoir.

Cette puissance reconnue, positionnée à côté des trois pouvoirs classiques (exécutif,
législatif et judiciaire) par la doctrine du libéralisme politique, s’est vu accorder les
fonctions de cueillette, de traitement et de diffusion des informations et opinions sur les
affaires publiques. Cette mission d’intérêt public, exercée dans le cadre de la législation
et de l’éthique publique, a pour finalité de faire connaître et comprendre l’action
publique : sa substance, ses tenants et aboutissants, les modes privilégiés pour sa conduite
ainsi que les comportements des institutions et des personnes qui en ont la charge.

S’il convient de reconnaître que la cueillette des données informatives d’intérêt public
n’est qu’en partie tributaire des initiatives des agents de ce pouvoir (les règles d’accès et
les paramètres normatifs, voire les principaux supports technologiques qui assurent leur
diffusion étant de la prérogative des pouvoirs étatiques), il reste que l’identification des
champs à investiguer, la compilation, l’analyse et la hiérarchisation des informations
recueillies et la décision de les diffuser ainsi que le choix des formats et supports utilisés
relèvent de la responsabilité des entités qui se réclament des attributs de ce IVe Pouvoir.

L’ambition d’Éthique publique est de mettre en lumière les risques et les dilemmes
éthiques (anciens et nouveaux) rencontrés aujourd’hui par les instances et agents des
deux principales composantes qui structurent cette puissance « objective », dotée
d’indépendance d’action et d’autonomie de gestion dans le cadre, généralement, des
règles qui régissent l’économie de marché. À savoir :

• les appareils de production qui regroupent les métiers de l’information;
• les appareils corporatifs responsables de l’édition et de la distribution de
l’information.

Le propos de ce numéro d’Éthique publique se veut donc focalisé sur l’identification des
voies et moyens utilisés pour neutraliser les pressions induites par les contraintes qui
s’exercent sur l’éthique de l’information en tant que bien public ainsi que sur la
déontologie observée par ses maîtres d’oeuvre et maîtres d’ouvrage.

Les réflexions proposées doivent évidemment prendre acte des changements majeurs qui
caractérisent aujourd’hui ce milieu. Qu’ils soient de nature structurelle (changements
corporatifs), fonctionnelle ou opérationnelle (souvent les trois simultanément), ces
facteurs sont dans toute sphère d’activité naturellement générateurs non seulement de
défis professionnels nouveaux mais aussi d’incertitudes.

Évoluer dans un contexte marqué par de nombreux changements successifs fait
évidemment partie intégrante des métiers réunis au sein de ce IVe Pouvoir. Reste qu’il est
constaté dans tous les domaines d’activités liés aux services d’intérêt public des risques
accrus de manquements à l’éthique publique lorsque les pressions issues de
l’environnement (immédiat et externe) se transforment rapidement. Par exemple lorsque
les objectifs, les outils et les façons de faire changent, que les normes d’évaluation des
produits, des résultats obtenus et des agents qui les façonnent sont modifiés; et que
l’organisation ou la profession concernée ne fournit pas en temps opportun des repères
appropriés concernant l’éthique ou la déontologie attendues.

L’absence d’outils adéquats pour analyser et disposer de dilemmes éthiques peut alors
générer la confusion et créer le doute. Si par inadvertance, ou par laisser-faire, un tel
phénomène atteignait l’échelle d’une sorte d’« institutionnalisation du doute », éthiciens
et praticiens ont, à maintes occasions, observé que des dérives majeures peuvent
rapidement apparaître et entraîner des effets pervers de portée considérable sur le « droit
à l’information reconnu au peuple souverain ».

Le numéro que la revue Éthique publique consacre à cette thématique permettra ainsi de
faire le point sur ces aspects en offrant à ses lecteurs des éléments de réflexion par
rapport aux préoccupations suivantes :

• Quels diagnostics peut-on porter aujourd’hui sur l’état des lieux quant à ces outils
au sein du IVe Pouvoir?
• Quelles sont les perspectives d’évolution des choses dans un futur prévisible?

Les réflexions (descriptives ou analytiques) attendues des auteurs, théoriciens ou
praticiens se regroupent principalement sous deux pôles. Ces thèmes et sous-thèmes se
déclinent comme suit :

Enjeux éthiques « classiques » associés à l’exercice du IVe Pouvoir

• Risques éthiques récurrents concernant la production et la diffusion de
l’information sur les affaires relevant du domaine public;
• Systèmes utilisés pour la gestion de l’éthique et de la déontologie des diverses
catégories d’artisans dans ce cadre;
• Forces et faiblesses des instruments habituellement retenus eu égard aux enjeux;
• Composantes d’un « modèle type » jugé approprié pour encadrer l’éthique dans
les organes médiatiques voués à l’information en tant que bien public.

Pressions nouvelles sur la conduite éthique des agents coutumiers du IVe Pouvoir

• Natures (formes, points d’impact et effets) des pressions nouvelles sur l’éthique
des acteurs et de leurs produits découlant des changements technologiques,
organisationnels ou corporatifs qui marquent les évolutions contemporaines dans
l’univers médiatique;
• Impacts sur la déontologie des diverses professions en cause et l’éthique de leurs
rapports;
• Adaptations requises de l’encadrement éthique professionnel dans ce contexte,
notamment l’édiction de standards et de normes déontologiques nouvelles;
• Écueils rencontrés à leur adoption, et voies et moyens pour neutraliser ces
obstacles.


Tâches:

Date limite

Soumission d’une proposition d’article sous forme d’un résumé de
250 à 300 mots adressé au secrétariat de la revue :
ethiquepublique@enap.ca

15 juin 2012

Les auteurs dont les propositions sont retenues sont avisés par
courrier électronique et reçoivent les consignes de présentation

30 juin –
6 juillet 2012

Envoi de l’article (max. 40 000 caractères, espaces comprises) au
secrétariat de la revue : ethiquepublique@enap.ca

15 décembre 2012

Processus d’évaluation par les pairs pour les articles
scientifiques (deux évaluations anonymes)

7 janvier 2013

Envoi des textes aux auteurs pour correction (1 semaine de délai)

4 / 8 février 2013

Retour de la version finale par les auteurs

14 février 2013

Envoi à la révision / infographie

18 février 2013

Envoi à l’impression

18 avril 2013

Publication du numéro

Fin avril 2013



* Comité scientifique

Pour soutenir l’encadrement scientifique du traitement de cette thématique, jugée cruciale
pour le bon fonctionnement de toute société démocratique, la revue Éthique publique a
regroupé les experts suivants :

Eugénie R. AW N'DIAYE, professeure, ancienne directrice du CESTI– Centre
d’études des sciences et techniques de l’information (Sénégal)

Marc-François BERNIER, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie
canadienne en communication, spécialisée en éthique du journalisme (CREJ);
coordonnateur du programme de journalisme, Université d'Ottawa (Ontario)

Paul-André COMEAU, professeur invité; directeur du Laboratoire d’étude sur les
politiques publiques et la mondialisation, ENAP (Québec)

Daniel CORNU, ancien professeur de l’éthique de l’information aux universités de
Neuchâtel, de Genève et de Zurich; médiateur de l’ensemble des titres du groupe
Edipresse (Suisse)

François GIROUX, professeur; directeur du programme Information-
Communication, Université de Moncton (Nouveau-Brunswick)

Benoit GREVISSE, professeur; directeur de l'École de journalisme de Louvain (EjL),
(Belgique)

Robert MALTAIS, ancien secrétaire général du Conseil de presse du Québec;
directeur de programmes en journalisme, Université de Montréal (Québec)

Lise MILLETTE, journaliste professionnelle (agence La Presse canadienne);
rédactrice en chef de la revue Trente, le magazine des journalistes du Québec
(Québec)

Dominique PAYETTE, professeure agrégée; directrice du programme en journalisme
de 2e cycle, Université Laval (Québec)

Contacts :

Responsable du numéro :

Pierre BERNIER : pierre.bernier@enap.ca

Secrétaire à la rédaction :

Corinne SARIAN : ethiquepublique@enap.ca